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« Frontalier : je t’aime, moi non plus… »

Posté par Marie-Françoise de Tassigny
Marie-Françoise de Tassigny
Marie-Françoise de Tassigny
Hors ligne
le mardi, 10 avril 2012 dans Binationalité

Nous parlons la même langue des deux côtés de la frontière, mais décidément pas le même langage politique. Entre Français et Suisses, rien n’est simple! En pleine crise économique et bagarre fiscale, il ne se passe pas un jour sans que ne soient abordées dans la presse ou les réunions politiques les tensions nées de l’accélération des échanges de toute nature dans les régions transfrontalières. Du Rhin au Léman, en passant par l’arc jurassien.

Certains mots sont durs, certaines phrases assassines ! Et la région franco-valdo-genevoise ne donne pas l’exemple, loin de là ! A l’image des récentes passes d’armes entre différentes personnalités de la vie sociale et politique de la région sur le sujet des Hôpitaux Universitaires: « Anti-frontalier, pro-frontalier, néo-frontalier, préférence cantonale, mouton noir, discrimination, micro-détail… »

Un ping-pong verbale inquiétant, ambigu, mais traduisant parfaitement le manque d’autorité politique légitime et compétente dans la gestion de l’espace transfrontalier franco-suisse. La création d’une autorité à laquelle j’aspire en tant que candidate à la députation pour la Suisse !

Les populations concernées sont considérables, 

les enjeux économiques en conséquence !

Les accords internationaux mis en place, notamment l’entrée en vigueur de la deuxième phase des bilatérales sur la libre circulation des personnes le 1er juin 2004, s’est traduite par une augmentation croissante du nombre de travailleurs frontaliers. Aujourd’hui, ils sont 260'000 à franchir quotidiennement la frontière. Un quart de million : un chiffre symbolique ! Dans l’autre sens, nombreux sont les habitants des cantons suisses venus s’installer en France voisine. 

Cette ouverture réciproque de l’espace transfrontalier provoque des déséquilibres croissants sur plusieurs niveaux: difficulté en matière d’aménagement du territoire et de transport, pénurie de logement et hausse des loyers, augmentation des flux pendulaires, problèmes d’adéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail, problème d’adéquation de la formation et du marché de l’emploi, repli communautaire et refus de coopération entre nos deux pays, redistribution des recettes fiscales.

Aujourd’hui, la question transfrontalière brouille même les relations franco-suisses, d’Etat à Etat. Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer s’est ainsi inquiété de la tournure des débats. Et La vice-présidente de la Commission européenne, Catherine Ashton, a rappelé à la Suisse ses engagements sur la libre circulation des personnes.

Alors jusqu’où iront les tensions actuelles? Sans oublier que le phénomène frontalier commence à encaisser les effets de la crise du franc fort…

Français et Suisses se montent contre les autres : ils se trompent d’ennemis !

Dans un espace commun, nous partageons les problèmes concrets de la vie quotidienne, mais sommes incapables de construire ensemble les politiques d’avenir. Les frontières objectives ont disparu, mais les frontières politiques subsistent. La région existe, mais sans gouvernance capable d'organiser les antagonismes de manière démocratique. Du coup, le populisme enfle de part et d'autre. Les lacunes de pilotage politique de la croissance alimentent des frustrations légitimes, qui servent à leur tour des appétits politiques sans perspective concrète.

Pourtant, les Suisses ne sont pas les responsables de l'insuffisance des infrastructures de transport en France. Les Français ne sont pas responsables de la pénurie de logements en Suisse. Les Suisses ne sont pas responsables de l'incapacité des Français à mettre en place une vision cohérente et moderne de l'aménagement du territoire pour combattre le mitage des terres. Les Français ne sont pas responsables des carences du code pénal suisse, qui transforme l'Helvétie en cible accessible. Les Suisses ne sont pas responsables de la désindustrialisation de certaines régions françaises de la bande frontalière, comme certains le regrettent dans l’arc jurassien.

Le souhait de tous ? Avoir enfin des outils politiques plus efficaces, où cohérence et légitimité mêleraient à plus de compétences! Restaurer un dialogue positif, à l’exemple de celui entamé depuis des années dans la cité rhénane, voilà à quoi devra s’atteler en priorité la prochaine Députée pour la Suisse !

Des Forums d’agglomération pour donner sens à la vie transfrontalière !

Minimiser la question frontalière comme certains candidats à représenter les Français de Suisse peuvent le faire, notamment par inexpérience de la région franco-valdo-genevoise, équivaut à foncer droit dans le mur…

Riche de ma double expérience politique de Députée genevoise et Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger, mes engagements sont clairement définis. Le maintien des frontières ne doit plus être un frein à la concertation politique entre la France et la Suisse. Contrairement aux villes, l’espace transfrontalier n’a pas encore acquis d’institutions suffisamment représentatives de la population. L'idéal serait la création d'un véritable parlement transfrontalier pour chaque région, dont les membres seraient élus au scrutin universel sur une circonscription unique. Un tel parlement n'est toutefois guère à portée de vue immédiate.

En attendant, il faut donner sens et vie aux institutions transfrontalières existantes, ainsi qu'aux futurs «forums d'agglomération», afin qu'ils permettent enfin de débattre à l'échelle de la région, et non à l'échelle morcelée d'un canton ou d'une commune. Pour assurer leur indépendance et leur capacité de penser au-delà des enjeux électoraux locaux, l'accès à ces forums doit exclure les doubles mandats.

Un membre de forum transfrontalier devant penser au-delà de l'égoïsme local, il doit s'affranchir des agendas politiques locaux. Pour assurer que ces forums ne soient pas des syndicats d'élus, mais bien des assemblées d'hommes et de femmes libres de toute contrainte locale, et ainsi capables d'ambitions régionales.

 

Marie-Françoise de Tassigny,

Candidate du Centre droit aux législatives pour la Suisse et le Liechtenstein

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